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Lou Anne
Le 02/10/2016

Bali à cœur ouvert

Après notre première semaine à Bali, qui fût un petit peu compliquée pour moi, un changement s’est fait sentir. Du jour au lendemain, je me suis sentie apaisée d’être ici et en harmonie avec Bali. Tout ce qui se semblait étranger avant est devenu agréable. J’avais enfin la sensation de m’être acclimatée à ce pays et d’y vivre différemment qu’à notre arrivée. J’ai pris le temps d’apprécier tous les petits détails du quotidien. Les enfants sur les scooters qui nous disent « hello » en passant, cette petite fille qui me touche la main à Tirta Empul, les odeurs fortes de cuisine et de poulailler, le chant du coq le matin, le rire des Balinais.

Le temple de Tirta Empul et ses eaux sacrées

Je crois que lorsque l’on part en voyage, au début du moins, on emmène un bagage culturel et sociologique très fort. On arrive avec notre culture européenne et française, nos appréhensions et nos a priori. Il faut parfois du temps pour se faire au choc culturel et comprendre ce que l’on voit, ce que l’on sent et s’habituer à ce nouveau rythme de vie pour pouvoir l’apprécier.

C’est une sensation difficile à expliquer, un relâchement intérieur presque imperceptible. Je pense que le fait de partir pour un long voyage a joué aussi. On marche avec sa maison sur le dos. Ma vie matérielle tient maintenant dans un sac de 40L : 2 mois avant, dans un appartement de 40m².

J’ai senti mon esprit se libérer au fur et à mesure de notre voyage sur cette île. Ce qui m’angoissait avant, ne pas savoir où on allait dormir ce soir etc. s’est finalement révélé être un soulagement. C’est une grande sensation de liberté de que pouvoir choisir où l’on ira ce soir et demain, se laisser porter par nos sensations et nos envies, et non pas par nos obligations.

C’est au milieu d’un petit village de montagne, à Munduk, où je pense avoir eu ce « déclic ». C'est au milieu des rizières, des enfants qui font du scooter, avec une vue sur la montagne et un calme infini après 21h, que j’ai su apprécier cette liberté. Je commence à apprendre à me laisser du temps, à me reposer et à ne pas vouloir absolument « rentabiliser » ma journée. Pour la première fois depuis très longtemps, je me suis couchée à 21h, sans avoir la sensation de perdre ma soirée, sans lutter contre la fatigue pour pouvoir faire un peu plus de choses. J’ai simplement écouté mon corps et mon envie du moment.

Coucher du soleil à Munduk

Jour après jour, au gré des rencontres que l’on fait, on s’ouvre aux autres. Ici, tout le monde sourit, quel meilleur moyen pour bien commencer sa journée ? Nous avons rencontré des gens adorables. Je pense à ce monsieur qui tenait le petit hôtel familial où nous avons dormi à Munduk. Toujours rieur, le sourire aux lèvres, les yeux brillants et une gentillesse qui réchauffe le cœur.

On rencontre aussi des gens, comme nous, qui travaillent mais à distance, qui ont choisi de quitter leur bureau pour travailler au soleil, pour une vie plus douce. C’est le genre de rencontre qui montre qu’une autre vie est possible, et que nous sommes très influencés par les mœurs et les obligations sociales qui nous entourent.

On sent aussi de nouveaux projets mûrir, tranquillement mais sûrement. Et on réalise qu’avec moins, on est peut-être plus heureux. La vie des Balinais est très différente de la nôtre mais ils n’ont pas l’air plus malheureux. Plus les jours passent, et plus je me dis que « les choses que l’on possède finissent par nous posséder » est probablement véridique.

Nous quittons Bali dans deux jours, pour aller vers de nouveaux horizons, mais cette année de voyage semble d'ores et déjà porteuse de nombreux changements. Cette année, je prends le temps de vivre et de m’écouter vraiment.

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Commentaires

Par Elisabeth, le 04/10/2016 à 17h58 - Répondre


Les voyages forment la jeunesse !! grand moment de voyage intérieur, texte très touchant, bravo !

Par Annaëlle, le 02/10/2016 à 18h20 - Répondre


Joli article :)