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Lou Anne
Le 17/01/2017

Bilan après 3 mois

Cela fait maintenant quatre mois et que nous sommes partis et trois mois que nous avons commencé notre Working Holiday Visa en Nouvelle-Zélande. Je m’excuse pour le laps de temps qui s’est écoulé entre cet article et le dernier, mais nos vies ont été bien remplies et j’ai préféré me concentrer sur ce qui se passait dans la vie « réelle ». Après ce quart d’année à l’autre bout du monde, je me suis dit qu’il était temps de faire un petit bilan. Si vous nous suivez sur les réseaux sociaux, notamment Instagram, vous savez déjà que notre voyage n’a pas été de tout repos !

Avant de commencer mon récit, il convient de rappeler que mon point de vue se base sur nos expériences vécues ici, chacun vit des expériences très différentes et un pays ne sera pas du tout apprécié de la même manière selon chaque personne !

L’arrivée chez les Kiwis – Octobre 2016

Après avoir passé quelques jours à Singapour, nous sommes arrivés à presque 23h à l’aéroport d’Auckland. Première bonne surprise : nous passons la douane néo-zélandaise, le cauchemar de tous les voyageurs, très rapidement. Nous arrivons dans notre auberge de jeunesse, « Borders Beyond », où nous allons rester quelques jours afin de nous occuper des formalités administratives. On passe donc cinq jours à se promener dans Auckland et à commencer nos démarches : ouvrir un compte en banque, acheter une carte SIM, faire notre demande de numéro IRD afin de pouvoir travailler. Pendant ces quelques jours, on commence également à chercher un van ! On veut un van self-contained (équipé de toilettes chimiques qui nous permet dormir dans de nombreux campings gratuits), de préférence un Toyota Hiace (oui, on avait des exigences précises à l’époque !), avec moins de 300 000km au compteur. On va au Car Fair (sorte de brocante de voitures) lors de notre dernier jour à Auckland, avec un couple de français, Julie et Franck, qui recherchent aussi une voiture. On revient tous un peu déçus du car fair où beaucoup de vans et voitures ont l’air en piteux état.

Ce dimanche-là, nous partons pour notre premier Woofing chez une famille italienne qui vit dans une maison au nord d’Auckland. Nous allons y rester quatre jours. C’est pendant ces quatre jours que nous avons trouvé notre van, un Nissan Elgrand de 2000, vide. Et oui, nous avions finalement décidé de nous lancer dans la folle aventure d’aménager entièrement notre van ! Nous achetons donc « Marcel », notre nouveau compagnon, à un local. Nous étions censés partir à Whangarei pour un woofing de deux semaines juste après, mais la personne nous a informé la veille que finalement non, ce n’était plus possible !

NB : Le début de l’aventure commence !

Un peu paniqués par ce changement de plan soudain (on n’était pas encore habitués), on trouve finalement un autre woofing. On va aller passer trois semaines à Whitianga, une petite ville qui se situe dans la péninsule du Coromandel. On fera le ménage deux heures par jour dans une auberge en échange de l’hébergement. Ces trois semaines se passent très bien, Damien aménage le van tant bien que mal, même si la charge de travail est énorme et qu’on n’y connait absolument rien, que ce soit en menuiserie, plomberie ou même mécanique.

On rencontre des supers copains, surtout allemands et français (et oui, 80% des voyageurs ici sont allemands ou français !) et on s’amuse vraiment bien pendant toute la durée de notre séjour. On fête même mes 21 ans ici. Le lendemain de mon anniversaire, il est temps de partir. On met le cap sur Hastings, où un travail dans l’élagage de pommiers nous attend. On fait notre premier road trip de quelques jours : on passe par Tauranga où on achète notre matelas découpé sur mesure, Rotorua et le magnifique site de Wai-O-Tapu Thermal Wonderland, puis Taupo.

Wai-O-Tapu Thermal Wonderland

A la recherche d’un travail – Novembre 2016

On arrive à Hastings, où on a une collocation qui va avec le travail. Et là : première grosse déception. La maison est dégoutante, la chambre composée de deux lits superposés est minuscule. On décide de ne pas rester et on se trouve en urgence une auberge pour une nuit à Napier. A partir de ce moment-là, on n’a plus jamais entendu parler du travail dans les pommes. On décide de vite faire recouvrir nos matelas et de s’équiper rapidement afin de pouvoir faire du camping pour économiser un peu car ici tout coûte très cher, surtout l’hébergement.

On fait nos CV et on part à la recherche de travail pendant deux semaines, en vain. La saison n’a pas encore commencée, il n’y a pas de travail. On trouve un Couchsurfing où on va rester quelques jours. On rencontre un couple d’américains qui reste aussi quelques jours chez notre Couchsurfer.

Finalement, après deux semaines, on trouve un travail dans un motel à National Park, au pied du Tongariro Alpine Crossing. On est vraiment soulagés de trouver cet emploi car nos économies commençaient à en prendre un coup avec l’aménagement du van et le camping relativement cher, sans parler des frais d’essence car nous parcourons beaucoup de kilomètres pour déposer des CV.

La roue tourne – Décembre 2016

Le boulot consiste à préparer les petits déjeuners, les diners et faire du ménage. On est très bien payés, même durant le premier mois d’essai. Le premier jour, on fait la randonnée du Tongariro Alpine Crossing, qui est magnifique.

Les lacs émeraudes du Tongariro Alpine Crossing

Puis on commence à travailler, tout se passe bien, le travail est sympa, les propriétaires aussi et l’autre fille qui travaille ici aussi. On a une chambre pour nous et on aura un petit studio fin décembre, quand Philippa, l’autre fille qui travaille ici, partira. Les propriétaires sont généreux avec nous, et étant donné la situation géographique isolée, on ne dépense presque rien.

Mais au bout de trois semaines, la roue tourne. Quelques jours après nous avoir emmenés au restaurant pour nous souhaiter la bienvenue, les propriétaires nous annoncent qu’ils ne vont pas nous garder. Coup de massue monumental pour nous qui comptions travailler ici jusqu’en mars et bien économiser avant de partir. A ce jour, nous n’avons toujours pas compris pourquoi nous avons été « virés » alors que tout se passait très bien et que les propriétaires disaient être très contents de nous. Les raisons qu’ils nous ont données étaient très vagues : c’est très bien mais pas exactement ce qu’ils attendent. Très bien… Les dix derniers jours se passent dans une ambiance pesante et nous sommes contents de partir. Entre temps, nous avons trouvé un autre travail dans un restaurant près de Christchurch, situé dans la péninsule de Banks. Nous y sommes attendus le deux janvier.   Nous sommes contents mais méfiants car notre mois de travail à National Park nous a laissé un goût amer.

Nous rejoignons un couple d’amis, Jean-Loup et Laëtitia, qui passent trois mois en Nouvelle-Zélande. Le lendemain, Paul-Marie, qui vit actuellement en Australie, nous rejoint également. Nous avons loué une maison près de Wellington pour passer Noël ensemble, avec Emma, une française rencontrée à Whitianga. Nous passons quatre jours à nous reposer et prévoir la suite de notre voyage.

Nous arrivons sur l’île du Sud le 27 décembre. On passe quelques jours en camping avec nos trois copains, Emma est repartie travailler. Le camping est un peu difficile pour moi, je n’ai pas l’habitude et j’ai le moral un peu en berne après tout ce qui s’est passé. Nous sommes près d’Abel Tasman où nous faisons une petite randonnée sous un joli soleil. Le moral revient tout doucement et nous prenons la route vers Christchurch, où Damien et moi avons loué un Airbnb pour le Nouvel An.

Le 30 janvier, nous décidons de nous rendre à St Arnaud pour voir les Nelson Lakes, avant de nous diriger vers la côte ouest pour ensuite rejoindre Christchurch. La journée avait bien commencée, les paysages sont beaux, il fait chaud. Nous reprenons la route et au bout de cinq minutes, le drame !

Damien me dit qu’un voyant s’est allumé et que le van n’accélère plus. Il ralentit pour se mettre sur le bas-côté, et le moteur s’arrête, tout comme la direction assistée. Une chance que nous soyons en ligne droite. Aucun de nous deux ne s’y connaît en mécanique. Nous essayons de redémarrer le van. Impossible, la clé tourne dans le vide. On est au milieu de rien, avec 30% de batterie sur nos téléphones. Finalement, nous trouvons une dépanneuse qui vient nous chercher et nous emmène à Murchison, à 1h de route. Le seul garage aux alentours. 250§ pour emmener la voiture. Bon.

On espère que ce n’est pas trop grave, mais le verdict tombe : c’est la pompe à injection qui a lâchée. La réparation couterait environ 5000 dollars. C’est plus que ce qu’on a payé pour le van.

On se retrouve perdus à Murchison, avec nos deux gros sacs à dos, plus un gros sac rempli d’affaires de camping. C’est le coup de trop et on envisage sérieusement de tout laisser tomber et d’aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte. Finalement, gros coup de chance, des français sont à Murchison et peuvent nous garder nos affaires de camping ! Le lendemain, on fait du stop pour aller jusqu’à Christchurch. Une dame nous prend rapidement en stop et nous emmène jusqu’à notre AirBnb.

Nous sommes le 31 décembre, sans van et on espère très fort que 2017 commencera mieux que 2016 a fini.

La vie commence à la fin de votre zone de confort – Janvier 2017

Le 2 janvier, nous faisons du stop pour rejoindre le restaurant dans lequel nous allons travailler. Il est assez isolé et nous nous demandons comment nous allons faire pour faire des courses etc. Encore une fois, le stop se révèle plutôt efficace et nous arrivons vers 13h au restaurant. Première impression de la gérante : pas très cordiale. Elle nous montre rapidement notre chambre à l’étage. Basique : une commode, un lit et voilà. La chambre n’est pas très propre : des cheveux sur les oreillers, un caleçon sale sous le lit et l’aspirateur n’a pas l’air d’être passé très régulièrement. A l’étage il y a deux autres chambres, une salle de bain (uniquement pour la gérante) et des toilettes qui auraient besoin d’un coup de propre. La gérante nous dit qu’elle viendra nous voir plus tard quand elle sera moins occupée.

Un cochon à l'arrière du restaurant.

L’après-midi passe, on a faim mais il n’y a rien pour se faire à manger, à part la cuisine du restaurant mais on doute qu’on puisse l’utiliser comme ça. On sort vers 19h et on rencontre un couple d’anglais qui travaille ici. Ils vivent dans leur van dans le jardin, comme beaucoup d’autres. On leur demande comment ils se font à manger mais la réponse est floue. Soit dans la cuisine du restaurant mais ça a l’air rare, soit dans un abri au fond du jardin. Ils nous y emmènent. Fermez les yeux très fort et imaginez un squat. L’image que vous avez en tête doit être très proche de cet abri dégoûtant.

Finalement ils nous disent qu’on peut commander à manger au restaurant et que l’on a 50% sur les prix. On se dit que vu l’heure, c’est le mieux à faire. Au bout d’un moment, la gérante nous dit qu’on travaille demain à 9h mais rien de plus. On est assez étonnés de cet accueil qui n’en est tout simplement pas un. Ca s’annonce compliqué la vie ici. Les autres backpackers nous montrent la « salle de bain ». Un évier minuscule dans un couloir, recouvert de quelque chose non identifié mais qui ressemble à du vomi. Miam. Et la douche se situe dans une petite pièce sans porte, avec du bordel partout. On a vu des douches plus propres même en camping. On est donc 10 à devoir se doucher là-dedans. Le lendemain matin, on commence à travailler. Grosse claque niveau hygiène : on met les mains dans la pâte à pizza comme ça, les plans de travail ne sont pas nettoyés, aucune organisation. Bref, le genre de choses qui donne envie de ne plus jamais remettre les pieds au restaurant. Tout est mal organisé, la gérante se retrouve en cuisine, elle crie de tous les côtés. J’ai déjà très envie de partir. On finit notre service à 15h et on sait déjà que vivre ici s’annonce compliqué. En fait, la plupart des employés mange une fois par jour, un repas qu’ils achètent au restaurant.

Finalement, on décide que ça ne va pas nous convenir. On sent qu’on est juste des numéros, de la main d’œuvre pas chère et que notre qualité de vie sera inexistante. Du coup, on rassemble nos affaires rapidement, on réserve une chambre dans une auberge à Akaroa, à vingt minutes du restaurant. Damien va dire à la gérante qu’on s’en va. Elle le prend mal et on part sans demander notre reste. On court presque jusqu’au bord de la route, où on est pris en stop par un couple de coréens très sympas avec qui on discute tout le trajet.

On passe quelques jours à Akaroa, une ville aux influences françaises, où on décide de faire rapatrier le van jusqu’à Christchurch chez un garagiste spécialisé en moteur Diesel. Je commence à devenir spécialiste du vocabulaire automobile en anglais ! Cependant, on a une semaine d’attente minimum avant de savoir ce qu’il va advenir du van. Du coup, on décide de louer une voiture une semaine et de partir faire un petit road-trip pour se changer les idées. On récupère la tente de PM qui rentre à Sydney et c’est parti ! Le lendemain, nous nous rendons à Murchison, la ville où est bloqué le van et où nous avons laissé nos affaires, pour aller les récupérer et pouvoir faire du camping. On passe la soirée chez Chloé et Gauthier, qui ont eu la gentillesse de nous garder nos affaires, de nous préparer à manger et de nous héberger ! (Si vous passez par-là, encore un grand merci à vous deux !)

Quelques jours plus tard, alors qu’on passe notre première nuit en tente, sous une pluie battante, on reçoit un message d’hôtes sur le site Workaway (principe de bénévolat quelques heures par jour en échange du gîte et du couvert) qui nous proposent de venir passer une semaine dans leur ferme près de Christchurch ! Même si on a loué la voiture pour encore plusieurs jours, on décide tout de même de s’y rendre pour tenter une nouvelle expérience inédite pour nous !

 

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Commentaire

Par Guillaume, le 04/10/2017 à 21h50 - Répondre


Super récit ! Vous avez vraiment tout vécu en 3 mois, du bon et du (beaucoup) moins bien. J'espère au moins que vous avez passé un bon jour de l'an...

En tout cas c'est vraiment sympa de prendre le temps de raconter votre expérience, ça servira à d'autres j'en suis sûr.

PS : Magnifique le chat sur la dernière photo ;-) Le cochon un peu moins ^^ à l'image du restaurant au final.

Bonne continuation dans d'autres aventures.